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LIVE INSTAGRAM : 7 novembre, à 17h : ORLAN

Live Instagram avec Anaïs Viand, rédactrice en chef Web de Fisheye en conversation avec ORLAN, photographe du parcours. À suivre sur @ParisPhotoFair et @fisheyelemag.

LIVE INSTAGRAM : 10 novembre, à 19h : Karolina Ziebinska-Lewandowska

Live Instagram entre Fannie Escoulen et Karolina Ziebinska-Lewandowska, à suivre sur @ParisPhotoFair et @fisheyelemag.

Femmes photographes – Une histoire de la photographie à réinventer

Une proposition de Fannie Escoulen, commissaire d’exposition indépendante spécialisée en photographie contemporaine. Quatre rendez-vous sur Instagram live, du 11 au 14 novembre, à 11h, à suivre sur @ParisPhotoFair.

#Regardscroisés

Des femmes photographes dans l’œil de commissaires d’exposition, critiques et historiennes de la photographie

LIVE INSTAGRAM : 11 novembre, à 11h : Anna Telgren

Anna Telgren (Suède), commissaire pour la photographie et directrice de recherche au Moderna Museet, Stockholm. Anna Telgren mettra en lumière les travaux de trois femmes remarquables, et discutera de leur rôle et de leur position au sein de l’histoire de la photographie suédoise : Rosalie Sjöman (1833–1919), Anna Riwkin-Brick (1908–1970) et Tuija Lindström (1950–2017).

LIVE INSTAGRAM : 12 novembre, à 11h : Jeanne Mercier

Jeanne Mercier (France), commissaire d’exposition et co-directrice d’Afrique in visu. Jeanne Mercier évoquera la photographie comme outil de résilience à travers les parcours de trois femmes : Moira Forjaz (Portugaise), Angèle Etoundi Essamba (Camerounaise), et Joana Choumali (Ivoirienne).

LIVE INSTAGRAM : 13 novembre, à 11h : Clara Bouveresse

Clara Bouveresse (France), maîtresse de conférences à l’université d’Evry/Paris Saclay, commissaire d’exposition et autrice. Clara Bouveresse propose une exploration de projets menés dans les années 1970 par les photographes américaines Eve Arnold et Abigail Heyman, et des travaux plus récents de la photographe d’origine togolaise Hélène Amouzou, qui interrogent le statut et les représentations des femmes en photographie

LIVE INSTAGRAM : 14 novembre, à 11h : Eva Fisli

Eva Fisli (Hongrie), historienne, commissaire d’exposition, autrice et éditrice, responsable du fonds international du département de la photographie historique au Musée national hongrois. Eva Fisli tiendra une conversation autour de trois femmes photographes hongroises nées à Budapest : Ata Kandó, Éva Besnyő et Ergy Landau.

DISCUSSION : 14 novembre, 14h15 : Luce Lebart et Marie Robert

Discussions et rencontres autour de la sortie de l’ouvrage manifeste Une Histoire mondiale des femmes photographes (éditions Textuel). Une somme collective, codirigée par Luce Lebart et Marie Robert, présentant les œuvres de 300 femmes photographes du monde entier, de l’invention du médium jusqu’à l’aube du XXIe siècle.

  • 14h15 Introduction de la rencontre par Agnès Saal, haute fonctionnaire à la diversité et à l’égalité au ministère de la Culture

De 14h30 à 15h30 Discussion entre Luce Lebart, historienne de la photographie, commissaire d’exposition
et chercheuse pour la collection Archive of Modern Conflict, et Marie Robert, conservatrice en chef
 au musée d’Orsay, avec Marianne Théry, directrice des éditions Textuel. Modération par Fannie Escoulen.

Sur inscription.

LIVE INSTAGRAM : 15 novembre, à 17h : Charlotte Abramow

Live Instagram à suivre sur @parisPhotoFair et @fisheyelemag. Au programme une conversation autour des femmes photographes avec Anaïs Viand, rédactrice en chef web de Fisheye, et la photographe Charlotte Abramow.

Sabine Weiss, une vie de photographe
Featurée au sein du parcours digital Elles x PARIS PHOTO, écoutez la lauréate du Prix Women In Motion 2020 de Kering pour la photographie au micro de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.

Interview - Marion Hislen et Florence Bourgeois : « Il est temps de donner aux artistes femmes la place qu'elles méritent »

Le ministère de la Culture et Paris Photo organisent la 2e édition du parcours dédié aux femmes photographes, qui prend cette année, pandémie oblige, une forme numérique. Rencontre avec les deux femmes à l’initiative de cette plateforme : Marion Hislen, déléguée à la photographie à la Direction générale de la création artistique, et Florence Bourgeois, directrice de Paris Photo.

Pourquoi avoir organisé une nouvelle fois le parcours Elles X Paris Photo dédié aux femmes photographes ?

Florence Bourgeois : La visibilité des femmes artistes doit s’inscrire dans un cercle vertueux. Elles doivent retrouver leur place dans l’histoire de l’art, les institutions, les expositions, les collections, et donc sur le marché. Paris Photo étant un événement de référence pour la photographie, il nous semblait indispensable de contribuer à pallier le manque de représentation des femmes dans nos récits. Ce partenariat avec le ministère de la Culture s’inscrit dans cette volonté collective. Paris Photo continuera à s’engager dans cette voie.

Marion Hislen : Cette 2e édition avait pour objectif d’inciter les galeries à ex- poser plus de femmes artistes durant la foire. À la différence du parcours proposé en 2018, nous avions prévenu les gale- ries en amont afin qu’elles soumettent leur proposition à Paris Photo. La crise sanitaire a changé la donne, mais au vu des chiffres de notre enquête, le projet Elles x Paris Photo est toujours d’actualité.

Quels ont été les retours sur les deux précédentes éditions ?

FB : Galeristes et artistes ont apprécié cette mise en lumière. Les galeries proposent toujours plus d’artistes femmes, et ce par- cours traduit l’élan qui traverse la société.

MH : Nous avons eu de nombreuses retombées médiatiques, c’est important pour les photographes. Même si, fonda- mentalement, elles n’ont pas envie qu’on parle d’elles seulement à travers le prisme du genre.

Avez-vous le sentiment que le statut des femmes photographes a évolué en 2020 ?

FB : La prise de conscience est collec&tive, et tous les acteurs se mobilisent pour établir la parité. Si on prend l’exemple de Paris Photo, secteur Curiosa, l’an passé, 50 % des artistes représentées par les 14 galeries étaient des femmes. Nous avons la volonté d’étendre leur visibilité dans l’ensemble de la foire pour les années à venir.

MH : La visibilité des femmes photographes est en train d’évoluer. Notons par exemple leur présence dans les expositions et les festivals, dans les acquisitions des Frac, les Fonds régionaux d’art contemporain. Le statut des femmes professionnelles dans leur ensemble évolue avec les engagements forts du ministère de la Culture en faveur de l’égalité dans toutes les disciplines. Cela se vérifie également dans la lutte contre les discriminations au sens large, dans les méthodes de recrutement, les processus de programmation, l’accès aux moyens de création et de production, l’égalité salariale, la prévention des violences…

Des chiffres sur la sous- représentation des femmes photographes ont été dévoilés au sein du parcours, quels sont les plus choquants selon vous ?

FB : En 2018-19, 66 % des étudiantes en école supérieure d’art sont des étudiantes, et seulement 31,5 % d’entre elles sont représentées dans les festivals photo. Ce fort décalage interroge le « décrochage » pour passer du statut d’étudiantes à celui d’artistes reconnues et représentées.

MH : Tous les chiffres sont éloquents, et c’est pour cela qu’il est intéressant de conduire ce type d’études pour mieux connaître la situation avec des critères objectifs tels que la proportion des œuvres d’artistes femmes dans les acquisitions et les expositions ou la comparaison des revenus.

Est-il légitime de parler d’un regard de femme ?

FB : Il me semble qu’il faut simplement parler de regards, au pluriel. Les regards des artistes, différents en fonction de leurs sensibilités et de leurs histoires. Chacune des artistes se positionne comme elle le souhaite, et décide du regard qu’elle porte sur le monde.

MH : Je ne crois pas qu’il existe un regard de femme, je crois en revanche que notre expérience de vie nous entraîne vers des sujets ou une manière de les traiter. Quand vous passez une partie de votre temps chez vous à garder les enfants, l’intime et la maison deviennent un terrain d’expérimentation. Les sujets « genrés » ne sont pas moins importants ou moins légitimes. L’expérience de vie d’une femme photographe, et d’une femme en général, amène à connaître plus directement la discrimination, la distance. C’est aussi cela qui forge le regard.

Quelles sont les femmes photographes qui vous inspirent au quotidien ?

FB : Les femmes photographes investies et engagées sur des sujets sociétaux pour que les consciences s’éveillent m’inspirent. Parmi elles : Dorothea Lange, cofondatrice du magazine Aperture en 1942, avec Ansel Adams ; Margaret Bourke-White, première femme à travailler pour Fortune et Life, et première femme à travailler en zone de combats pendant la Seconde Guerre mondiale ; ou Diane Arbus, dont les images disent les tabous de l’Amérique, la complexité et la fragilité de l’âme humaine. Je suis aussi très sensible aux travaux d’artistes comme Valie Export, Renate Bertlmann ou encore Gina Pane, dont le corps est utilisé comme un engagement politique, et qui ont fait évoluer le regard sur la féminité.

MH : Le militantisme n’est pas un sujet aisé en photographie, et il est difficile de citer des noms de femmes photographes. J’ai évidemment beaucoup d’admiration pour Laia Abril ou Juno Calypso. Les femmes artistes m’inspirent en général, j’ai notamment découvert une littérature très riche depuis #MeeToo.

Une interview à retrouver dans le prochain numéro de Fisheye, bientôt en kiosque.  d