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CONVERSATIONS AUTOUR DE ELLES X PARIS PHOTO

 

Une journée de conversations organisées et présentées par Nathalie Herschdorfer, commissaire du Parcours Elles x Paris Photo.

Ce programme bénéficie  du soutien de Women in Motion, un programme de Kering pour mettre en lumière la place des femmes dans les arts et la culture.

INTRODUCTION : 12 NOVEMBRE, 13h45 – 14h

Agnès Saal, Haute fonctionnaire à la responsabilité sociale des organisations, Cheffe de la Mission Expertise culturelle internationale.

PHOTOGRAPHIE PASSE PRESENT FUTUR : POURQUOI LE GENRE EST IMPORTANT : 12 NOVEMBRE, 14h-15h

Russet Lederman, autrice, fondatrice de 10×10 Photobooks, États-Unis
Andrea Nelson, curatrice, département Photographie, National Gallery of Art Washington, Etats-Unis
Floriane de Saint-Pierre, présidente de Floriane de Saint-Pierre & Associés, France

LE FUTUR DE LA PHOTOGRAPHIE DE MODE PASSE-T-IL PAR LES FEMMES PHOTOGRAPHES ? : 12 NOVEMBRE, 15h30-16h30

Chiara Bardelli Nonino, Photo Editor, Vogue Italie
Dominique Issermann, photographe, France
Ruba Abu-Nimah, directrice artistique, Tiffany & Co, États-Unis

EST-CE AUX FEMMES D’ASSURER UNE MEILLEURE RECONNAISSANCE AUX FEMMES ARTISTES ? : 12 NOVEMBRE, 17h-18h

Susan Bright, curatrice indépendante, Royaume-Uni
Darin Oduyoye, directeur de la communication de la division Asset & Wealth Management de JPMorgan Chase, États-Unis
Matylda Taszycka, responsable des programmes scientifiques, Aware (Archive of Women Artists), Paris

VIVIAN MAIER: QUEL PORTRAIT PEUT-ON AUJOURD’HUI BROSSER DE L’ARTISTE ? : 12 NOVEMBRE, 18h30-19h30

Anne Morin, directrice de diCHromA Photography, Espagne
Ann Marks, autrice, États-Unis

Paris Photo et le Ministère de la Culture poursuivent leur engagement envers les femmes photographes à travers le circuit Elles x Paris Photo. Lumière sur l’édition 2021, imaginée par la commissaire Nathalie Herschdorfer.

Sabine Weiss, une vie de photographe
Featurée au sein du parcours digital Elles x PARIS PHOTO, écoutez la lauréate du Prix Women In Motion 2020 de Kering pour la photographie au micro de la journaliste et productrice Géraldine Sarratia.

Interview - Marion Hislen et Florence Bourgeois : « Il est temps de donner aux artistes femmes la place qu'elles méritent »

Le ministère de la Culture et Paris Photo organisent la 2e édition du parcours dédié aux femmes photographes, qui prend cette année, pandémie oblige, une forme numérique. Rencontre avec les deux femmes à l’initiative de cette plateforme : Marion Hislen, déléguée à la photographie à la Direction générale de la création artistique, et Florence Bourgeois, directrice de Paris Photo.

Pourquoi avoir organisé une nouvelle fois le parcours Elles X Paris Photo dédié aux femmes photographes ?

Florence Bourgeois : La visibilité des femmes artistes doit s’inscrire dans un cercle vertueux. Elles doivent retrouver leur place dans l’histoire de l’art, les institutions, les expositions, les collections, et donc sur le marché. Paris Photo étant un événement de référence pour la photographie, il nous semblait indispensable de contribuer à pallier le manque de représentation des femmes dans nos récits. Ce partenariat avec le ministère de la Culture s’inscrit dans cette volonté collective. Paris Photo continuera à s’engager dans cette voie.

Marion Hislen : Cette 2e édition avait pour objectif d’inciter les galeries à ex- poser plus de femmes artistes durant la foire. À la différence du parcours proposé en 2018, nous avions prévenu les gale- ries en amont afin qu’elles soumettent leur proposition à Paris Photo. La crise sanitaire a changé la donne, mais au vu des chiffres de notre enquête, le projet Elles x Paris Photo est toujours d’actualité.

Quels ont été les retours sur les deux précédentes éditions ?

FB : Galeristes et artistes ont apprécié cette mise en lumière. Les galeries proposent toujours plus d’artistes femmes, et ce par- cours traduit l’élan qui traverse la société.

MH : Nous avons eu de nombreuses retombées médiatiques, c’est important pour les photographes. Même si, fonda- mentalement, elles n’ont pas envie qu’on parle d’elles seulement à travers le prisme du genre.

Avez-vous le sentiment que le statut des femmes photographes a évolué en 2020 ?

FB : La prise de conscience est collec&tive, et tous les acteurs se mobilisent pour établir la parité. Si on prend l’exemple de Paris Photo, secteur Curiosa, l’an passé, 50 % des artistes représentées par les 14 galeries étaient des femmes. Nous avons la volonté d’étendre leur visibilité dans l’ensemble de la foire pour les années à venir.

MH : La visibilité des femmes photographes est en train d’évoluer. Notons par exemple leur présence dans les expositions et les festivals, dans les acquisitions des Frac, les Fonds régionaux d’art contemporain. Le statut des femmes professionnelles dans leur ensemble évolue avec les engagements forts du ministère de la Culture en faveur de l’égalité dans toutes les disciplines. Cela se vérifie également dans la lutte contre les discriminations au sens large, dans les méthodes de recrutement, les processus de programmation, l’accès aux moyens de création et de production, l’égalité salariale, la prévention des violences…

Des chiffres sur la sous- représentation des femmes photographes ont été dévoilés au sein du parcours, quels sont les plus choquants selon vous ?

FB : En 2018-19, 66 % des étudiantes en école supérieure d’art sont des étudiantes, et seulement 31,5 % d’entre elles sont représentées dans les festivals photo. Ce fort décalage interroge le « décrochage » pour passer du statut d’étudiantes à celui d’artistes reconnues et représentées.

MH : Tous les chiffres sont éloquents, et c’est pour cela qu’il est intéressant de conduire ce type d’études pour mieux connaître la situation avec des critères objectifs tels que la proportion des œuvres d’artistes femmes dans les acquisitions et les expositions ou la comparaison des revenus.

Est-il légitime de parler d’un regard de femme ?

FB : Il me semble qu’il faut simplement parler de regards, au pluriel. Les regards des artistes, différents en fonction de leurs sensibilités et de leurs histoires. Chacune des artistes se positionne comme elle le souhaite, et décide du regard qu’elle porte sur le monde.

MH : Je ne crois pas qu’il existe un regard de femme, je crois en revanche que notre expérience de vie nous entraîne vers des sujets ou une manière de les traiter. Quand vous passez une partie de votre temps chez vous à garder les enfants, l’intime et la maison deviennent un terrain d’expérimentation. Les sujets « genrés » ne sont pas moins importants ou moins légitimes. L’expérience de vie d’une femme photographe, et d’une femme en général, amène à connaître plus directement la discrimination, la distance. C’est aussi cela qui forge le regard.

Quelles sont les femmes photographes qui vous inspirent au quotidien ?

FB : Les femmes photographes investies et engagées sur des sujets sociétaux pour que les consciences s’éveillent m’inspirent. Parmi elles : Dorothea Lange, cofondatrice du magazine Aperture en 1942, avec Ansel Adams ; Margaret Bourke-White, première femme à travailler pour Fortune et Life, et première femme à travailler en zone de combats pendant la Seconde Guerre mondiale ; ou Diane Arbus, dont les images disent les tabous de l’Amérique, la complexité et la fragilité de l’âme humaine. Je suis aussi très sensible aux travaux d’artistes comme Valie Export, Renate Bertlmann ou encore Gina Pane, dont le corps est utilisé comme un engagement politique, et qui ont fait évoluer le regard sur la féminité.

MH : Le militantisme n’est pas un sujet aisé en photographie, et il est difficile de citer des noms de femmes photographes. J’ai évidemment beaucoup d’admiration pour Laia Abril ou Juno Calypso. Les femmes artistes m’inspirent en général, j’ai notamment découvert une littérature très riche depuis #MeeToo.

Une interview à retrouver dans le prochain numéro de Fisheye, bientôt en kiosque.  d